L’angoisse est revenue, cette sournoise amante
Celle qui sans répit, chaque jour me hante
Qui rit de chaque écueil, qui épie chaque geste
Et me ronge lentement comme une terrible peste
La solitude aussi souvent lui fait cortège
La peur de cet autrui, ce triste sortilège
Ce maléfice né de mes tendres misères
De mes années d’enfance, de mes années de guerre
L’angoisse est revenue, et la peine avec elle
Bien sombre sentiment, loin de donner des ailes
Cette entrave invisible, cette trop lourde chaîne
Ce boulet de souvenirs que trop souvent je traîne
Ah ! Si l’esprit léger, je pouvais m’élever
Pour d’une sagesse nouvelle sans retenue me saouler
Donner un sens enfin à ces mornes pensées
Et faire tambouriner mon cœur ressuscité
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